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IRON MAN 3
Sortie en salle : 24 avril 2013
Réalisation : Shane Black
avec : Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Don Cheadle

Six mois après l’attaque de New-York par les Shitoris, Tony Star (Robert Downey Jr) n’est plus le même. Il a perdu le sommeil, il est affaibli par des crises d’angoisse et n’arrive pas à reprendre les rênes de sa vie. Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) ne sait pas comment faire pour aider Tony. En parallèle, un terroriste extrémiste chinois surnommé « Le Mandarin » (Sir Ben Kingsley) commet des attentats de plus en plus violents et installe la terreur. Un jour, Tony Stark décide de provoquer le Mandarin personnellement…

Iron Man est un super-héros qui a du potentiel, qui est unique. Pour quelles raisons ? C’est d’abord le film qui a prouvé aux gens que Marvel Studios pouvait porter à l’écran un personnage de comics et le rendre crédible, voire même attractif. Il a ouvert la voie aux super-héros de ces studios. C’est aussi le rôle qui a consacré Robert Downey Jr. L’acteur a enchaîné les seconds rôles durant de nombreuses années, et a fait face à ses démons que sont l’alcoolisme et la drogue. Mais il a su lutter et s’affranchir de ses faiblesses. En 2005, Shane Black lui donne un grand rôle dans « Kiss kiss bang bang », un polar irrévérencieux et créatif. Les gens l’adorent, le film a un petit succès. Robert est en haut de l’affiche. En 2008, John Favreau lui donne le rôle de sa vie : Tony Stark dans « Iron man », l’adaptation cinématographique du comics. Le film est un succès, les gens adorent encore Robert. Il est devenu une icône. S’ensuit un rôle prodigieux dans le Sherlock Holmes moderne de Guy Ritchie. Robert devient une des stars les plus « bankable » du marché. Il ne s’arrête pas là concernant Marvel Studios. Il fait une courte apparition à la fin du générique de « L’incroyable Hulk », puis reprend son rôle une seconde fois pour « Iron Man 2 » et rempile pour « Avengers ». Robert n’est plus une star qui peut porter une armure dans une licence quelconque : il est Iron Man ! Stan Lee lui-même le lui a avoué en le prenant dans les bras, lors d’une rencontre qui avait lieu pour la promotion d’ « Iron Man 3 ». Il n’y a plus de doutes possibles : Robert Downey Jr a transcendé la simple interprétation d’un personnage.

C’est alors qu’ « Iron Man 3 » arrive sur nos écrans. L’action se déroule six mois après les évènements survenus à New-York dans « Avengers », une suite quasiment directe. Mais le ton du film est différent. Si dans « Avengers » la tonalité du film était clairement détendue et axée vers le divertissement total, « Iron man 3 » crée une rupture de ton. En effet, le film possède une atmosphère sombre, intimiste, violente et introspective. Le film se centre, non pas sur l’action comme « Avengers », mais sur les personnages et sur leurs relations entre eux. Tony Stark est différent depuis New-York, malmené, la psyché en miette, il perd le contrôle de sa vie. Etre Iron Man et avoir une armure, c’est bien, mais ce n’est pas le principal. L’homme qui est à l’intérieur importe davantage. En ce sens, le film se rapproche du premier opus et travaille sur la psychologie de ses personnages. D’ailleurs, l’armure n’est pas tellement utilisée dans le film et des scènes d’infiltration sont très présentes dans le film, pour révéler la qualité de l’homme qui porte l’armure.

Cette atmosphère particulière est accompagnée d’un emprunt au film policier, au thriller à l’ancienne. En effet, le film commence par une narration en voix off de Tony Stark, qui est un élément récurrent dans les films noirs américains des années 1950. Puis, la trame suit un déroulement digne d’un thriller, avec son lot de manigances, de traîtrises, de surprises et d’action pour pimenter le tout. La mise en scène est donc de qualité. Elle mise sur la psychologie des personnages mais aussi sur l’action, quand elle apparaît à l’écran. Le tout donne un film rythmé, qui sait être profond sans le montrer et qui possède un humour très présent sans appesantir le film. Un dosage vraiment équilibré.
Les effets spéciaux sont nombreux et de qualité. Ils servent l’histoire mais ne servent pas de prétexte à la trame. Ils savent se faire discrets dans les scènes plus intimistes. A noter aussi que la composition musicale du film est quelconque. Brian Tyler, compositeur des musiques de « Expandables 2 » et de « fast and furious 5 » pour ne citer que ces films, donne une composition relativement passe-partout. La musique est là, présente, mais elle n’arrive jamais à s’affirmer réellement durant les scènes, elle reste en retrait. Elle essaie de retranscrire la peur et la tension présentes dans le film, mais n’y arrive pas car elle ne possède aucune personnalité propre. C’est bien dommage !
Concernant les acteurs, on ne peut qu’applaudir Robert Downey Jr pour sa performance remarquable de Tony Stark. Il est Tony Stark, il est le personnage, il le façonne. Il donne une palette d’émotions très riche à Tony, une interprétation différente des autres opus : un Stark blessé et meurtri. Ceci apporte une nouvelle facette du personnage, que l’on a entrevu dans le premier film, et qui tend à s’approfondir ici.

Par ailleurs, même si le pire ennemi de Stark est lui-même, le grand méchant du film reste le Mandarin, interprété par Sir Ben Kingsley. Son personnage menaçant et charismatique fait clairement référence aux figures terroristes actuelles, avec une mise en scène de ses apparitions très spectaculaires, fortes en images et marquantes. Le Mandarin n’en est que plus menaçant. Cependant, les fans des comics risquent d’être déçus par le traitement réaliste du personnage.
L’un des atouts de ce film est le traitement des secondes-rôles. En effet, ils ne sont pas seulement des faire-valoir inutiles, que l’on balaye d’un coup de main. Ici, ils se trouvent approfondis. On peut penser au personnage de Pepper Potts ou de Hogan. Le premier, Gwyneth Paltrow possède enfin de substance pour que son personnage existe réellement dans le film. Elle possède la place de la femme de Stark, et elle fait partie de sa vie, à tel point qu’elle enfile également l’armure au début du film. Elle devient, ensuite, l’une des raisons pour lesquelles Stark doit se dépasser. Il se fera même dépasser par elle dans une scène. Donc Pepper existe et tend à le crier. Pour le second personnage, Hogan, interprété par Jon Favreau, réalisateur des deux autres Iron Man, possède plus de présence à l’écran également. Il est l’élément déclencheur de la prise de position de Tony face au Mandarin, ce qui n’est pas rien.

Iron Man 3 tente de se démarquer du second opus, qui a été bâclé, et de revenir à un style plus intimiste et introspectif à l’instar du premier opus. Il marque sa différence en posant les jalons du film policier et du thriller pour montrer un Tony Stark en péril. Les fans du comics seront déçus par le traitement réaliste du film et par certains choix opérés, mais il ne faut pas oublier que l’on adapte un comics ici, on ne le transpose pas ! Le tout se laisse regarder avec plaisir et vous offre un divertissement plutôt intelligent, bien pensé et de qualité.

Ze info pour ze futur : Cet opus pourrait être le dernier avec la présence de Robert Downey Jr. En effet, l’acteur n’est plus lié sous contrat avec Marvel Studios. Il se pourrait qu’on le retrouve, néanmoins dans «Avengers 2 » et 3, mais avec un rôle moins important. Marvel tend à rendre Iron Man proche des comics « Ultimate », c’est-à-dire ancrés dans la réalité de la société actuelle : Tony Stark serait un consultant pour les autres super-héros et il reprendrait son armure seulement lors des gros conflits !

Ze info qui fait mal : La guerre entre les acteurs d’Avengers et Disney commence. Robert Downey Jr a été payé 50 millions de dollars dans « Avengers » alors que les autres acteurs ont été payé « seulement 200 000 dollars. Ces derniers, avec Robert Downey Jr en leader, commencent à s’insurger face à Disney de cette différence de somme. Disney aurait menacé certains acteurs, qui pourraient être remplacés. Le pari est risqué, vu la forte cohésion de sens que possède les productions Marvel. Les spectateurs ont lié un acteur à un personnage…Chris Hemsworth, l’interprète de « Thor » se plaint d’être sous payé en faisant un régime drastique, alors que dans le film « Blanche neige et le chasseur » de chez Universal, il était bien mieux payé sans faire de diète. La guerre ne fait que commencer et, durant les prochains mois, nous entendront parler de cette affaire à coup d’interviews dans la figure (et peut être pas que…).